Des cloisons et des hommes
« Un espace de travail individuel, qui favoriserait à la fois l’intimité et renforcerait l’interaction est un mythe. Les activités individuelles et les activités collectives ne sont guère de même nature et sont prises en charge de manière bien plus efficace par des environnements de travail très différents ». Fritz Steele, Ph.D.
Entre optimisation des mètres carrés et compactage des salariés en espace ouvert, que reste-t-il de nos cloisons ? Comment par un renversement fabuleux, en sommes nous venus à considérer que nous communiquons bien plus dès lors que les cloisons ont disparu. Or c’est plutôt l’inverse qui se produit. La disparition de la cloison entraine une raréfaction des échanges, un repli sur soi, voire un repli stratégique vers les derniers espaces cloisonnés que sont certaines salles de réunion ou encore les toilettes. Nous pouvons à juste titre revendiquer d’explorer la cloison sous différents angles. Si nous n’avons d’équivalent pour le terme anglais Privacy, imparfaitement traduit par privatisation, nous savons combien le fait de disposer d’un espace personnel, d’un territoire est constitutif de notre identité, et nous offre une protection physique et psychique. La privatisation territoriale se double d’une privatisation visuelle et se triple d’une privatisation acoustique afin de nous permettre de travailler en toute concentration ou de nous réunir en toute confidentialité. Elle est un respect des autres et de leur sphère. Cloisonner n’est pas synonyme d’opacifier. Ce serait méconnaitre le talent de designers, d’architecte, d’ingénieurs, de fabricants, de fournisseurs qui œuvrent à créer des cloisons tantôt translucides, tantôt opalescentes, tantôt sérigraphiées, tantôt végétalisées, dont les fonctions sont multiples. La cloison structure, définit, dessine un paysage dans l’espace, elle réunit plutôt qu’elle ne sépare, elle organise et facilite. Elle incarne une multitude de cheminements, favorise les circulations et les flux, elle dédie les espaces et est un outil au service de l’organisation. En ce qu’elle répond à des nécessités fonctionnelles, elle est sans conteste l’élément spatial le plus marquant de la cohérence entre les modes organisationnels et les espaces. De son emploi judicieux nait une harmonie d’ensemble, une architecture d’intérieur sensée et équilibrée. Elle peut être le support d’une communication, symboliser une culture, être personnalisée par les personnes qui déambulent, travaillent, échangent, se ressourcent au quotidien au sein de ses profils et de ses surfaces. Elle peut être point de convergence, d’attraction, selon les espaces de réunion qu’elle compose, en offrant une diversité de volumes et de degrés d’ouverture. Elle peut être garante d’une confidentialité et favoriser l’interaction et le développement de relations de confiance. Elle peut être le creuset de processus d’innovation en ce qu’elle accueille des équipes multidisciplinaires, en ce qu’elle est surface d’affichage, de fertilisation croisée, de collision inédites d’idées afin de provoquer des Eureka et de favoriser l’élaboration de nouveaux produits ou services. Faisons fi des minables paperboards, penser en grand requière des surfaces magnifiques, qui ouvrent l’esprit et l’intuition, qui sont un espace de partage, de planification, d’analyses de situations complexes, de recherche de solutions, de co-création avec d’autres intelligences. Rendez-moi ma cloison et mes plus belles perspectives. Dessinez-moi de vrais espaces. Dessine-moi une cloison.















Concept d'aménagement virtuel








